La “théorie du Dorito” : pourquoi vous répétez ces comportements qui ne vous rendent pas heureux (et comment en sortir)
Par Catherine Duchamps
Publié le

Vous avez déjà ouvert un paquet de chips "juste pour une", et terminé le sachet sans vous en rendre compte ? Ce genre de comportement n’est pas anodin, et derrière ce geste apparemment banal, se cache un mécanisme bien plus profond. Sur les réseaux sociaux, on l’appelle la “théorie du Dorito” : une réflexion percutante qui nous pousse à questionner nos habitudes alimentaires, émotionnelles… et nos addictions du quotidien. Mais cette théorie a-t-elle une base réelle ou n’est-ce qu’une tendance virale de plus ? Spoiler : elle pourrait bien vous aider à reprendre le contrôle de certaines habitudes qui vous tirent vers le bas.
Qu’est-ce que la “théorie du Dorito” ?
Lancée sur TikTok par la créatrice de contenu @celeste.aria, cette théorie repose sur un constat simple : on devient accro à l’illusion du plaisir initial. La première bouchée d’un Dorito est savoureuse, croustillante, parfaitement salée… et donne envie d’y retourner. Mais plus on en mange, moins le plaisir est intense. Pourtant, on continue, espérant retrouver la magie de la première bouchée.
Ce mécanisme dépasse largement les chips. Il s’applique à :
des aliments addictifs (sucre, gras, produits ultra-transformés),
des scrolls infinis sur les réseaux sociaux,
des relations toxiques dont on n’arrive pas à se détacher,
voire des habitudes professionnelles ou personnelles qui nous épuisent plus qu’elles ne nous nourrissent.
Pourquoi notre cerveau nous pousse-t-il à répéter des schémas insatisfaisants ?
La psychologue Renée Carr explique que cette spirale est liée à notre circuit de la récompense, une mécanique cérébrale qui nous pousse à rechercher ce qui nous a déjà procuré du plaisir, même si ce plaisir est fugace. Ce phénomène s’appelle le biais de gratification immédiate.
Le souci ? Le cerveau mémorise l’intensité du plaisir, mais pas forcément sa durée. Il nous pousse donc à répéter une action en espérant retrouver l’extase du départ, même si les bénéfices sont minimes, voire inexistants.
C’est ce que Renée Carr nomme le piège du “juste assez” :
« Ce n’est ni bon, ni vraiment mauvais. Juste assez plaisant pour nous garder accrochés… et frustrés. »
La "théorie du Dorito" appliquée à notre quotidien
Voici quelques situations typiques où elle se manifeste :
Vous mangez un carré de chocolat... puis tout le paquet, sans vraie satisfaction.
Vous retournez toujours vers une personne qui vous a blessé, en vous raccrochant aux bons souvenirs du début.
Vous ouvrez Instagram “juste pour 5 minutes” et en ressortez 45 minutes plus tard, avec le moral plombé.
Vous vous lancez dans une série alors que vous êtes épuisé(e), espérant y trouver du réconfort, mais vous vous sentez vide après.
Ce sont des automatismes souvent guidés par un manque : de repos, d’amour, de reconnaissance ou de plaisir authentique.
Ce que dit la science : un cercle vicieux bien réel
Le Dr Bruce Y. Lee, chercheur et spécialiste en santé publique, confirme que cette théorie a du sens d’un point de vue neurologique. Le dopage temporaire en dopamine – la fameuse hormone du plaisir – crée un effet “kick” qui redescend aussitôt. Et pour compenser ce vide, on relance la machine, encore et encore.
Résultat : on s’épuise, sans se nourrir vraiment, ni physiquement, ni émotionnellement.
Comment sortir de ce cycle ? 5 stratégies simples pour retrouver une vraie satisfaction
1. Faites une pause consciente avant d’agir
Avant de céder à une pulsion (alimentaire, digitale, émotionnelle), posez-vous cette question :
« Comment vais-je me sentir après ? » Si la réponse est : “vidé”, “coupable”, “frustré(e)”… c’est peut-être le moment de dire non.
2. Remplacez l’automatisme par une vraie envie
Au lieu de manger une barre chocolatée par automatisme, demandez-vous :
« Ai-je faim ? Ou ai-je besoin de réconfort ? » Peut-être qu’un appel à une amie, une tasse de thé ou une balade seront bien plus nourrissants que ce que vous croyez.
3. Recherchez le plaisir durable, pas instantané
Les plaisirs durables sont souvent moins spectaculaires mais plus stables : cuisiner soi-même, lire un bon livre, rire avec des proches, créer quelque chose. Ce sont eux qui construisent le bien-être sur la durée.
4. Acceptez que le plaisir parfait n’existe pas
Chercher à revivre la “première bouchée magique” est une quête sans fin. Apprenez à savourer l’imperfection du présent, sans attendre qu’il soit exceptionnel pour en profiter.
5. Faites de la lenteur un allié
Quand on ralentit, on ressent mieux. On goûte, on observe, on écoute. C’est en ralentissant qu’on perçoit ce dont on a réellement besoin, et ce qu’on peut laisser partir.
Ecoutez vos vraies envies, pas vos automatismes
La “théorie du Dorito” nous rappelle une vérité essentielle : ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité de ce qu’on vit. Se reconnecter à ses besoins profonds, ses émotions, et à la réalité du moment permet de sortir des schémas qui nous emprisonnent… tout en retrouvant le goût du plaisir simple.
Et vous, quel serait votre "Dorito" ? Ce réflexe automatique qui vous laisse souvent sur votre faim ? Prenez-en conscience, et remplacez-le, petit à petit, par quelque chose qui vous nourrit vraiment.
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